| 2 février 2023 |
CROS |
Comment voulez vous que des étudiants se décident pour devenir professeurs d'allemand, alors que nous sommes sur plusieurs établissements, enseignons dans des regroupements improbables (car peu d'élèves = moins d'heures que les horaires officiels!!) faisons des voyages scolaires, voire allons démarcher auprès des écoles primaires pour recruter des élèves et tout cela sans considération ou rémunération. Les autorités n'ont toujours pas compris que le nombre d'heures dues n'est pas l'unique critère à prendre en compte pour un enseignement de qualité. Le professeur d'allemand est souvent seul dans son établissement et représente à lui seul sa matière. Quand il est en sous service, même d'une demi heure, on l'envoie alors boucher des trous ailleurs ou on ferme son poste... et donc il ne peut plus garantir un travail de qualité, dans la durée et dans un territoire. Les parents d'élèves se parlent et quand il n'y a pas de professeur titulaire ou pas de professeur du tout, cela se sait et les générations suivantes ne choisissent donc pas l'allemand. Comment rester motivé et en bonne santé dans ces conditions? De plus, la réforme Blanquer a relégué l'allemand à une matière inutile en terme de cumul de points au baccalauréat et sans aucune évaluation terminale, il est bien difficile de faire travailler des élèves focalisés sur leurs spécialités, ce que l'on comprend de leur perspective. On n'étudie plus une matière par goût mais par utilité, pour cumuler des points pour accéder au mieux à une orientation de son choix.
Il n'y a donc plus de professeurs d'allemand ou alors fatigués et désolés de déranger d'avoir des heures (ou pas) pour si peu d'élèves, nous nous excusons presque d'exister alors que beaucoup d'entre nous donnent beaucoup de temps et d'énergie pour une matière qu'ils aiment enseigner. |