Nous croyons au miracle de Noël. Voici notre lettre au Père Noël....
Lieber Weihnachtsmann, Cher Père Noël,
J’espère que tu vas bien et que ton traîneau ne manque pas d’heures fléchées, parce qu’ici elles sont devenues plus rares que les élèves de LV2 allemand un vendredi après-midi.
J’ai été TRES sage cette année. Enfin, “sage” dans le sens “j’ai tout accepté sans (trop) râler”. J’ai accepté de jongler entre trois établissements, de faire cours dans des salles où la craie date de 1998, de manger mon sandwich à la station-service et de parler allemand à des photocopieuses qui ne me comprennent pas.
J’ai même pris un temps partiel pour éviter qu’on m’envoie dans un quatrième établissement — je sais, c’est héroïque. J’assure les cours, les doubles niveaux, les doubles réunions et même les doubles doses de patience. Et bien sûr, je fais la promotion du Deutsch partout : dans les écoles primaires, dans les salons, dans les couloirs, parfois même dans mes rêves.
Alors voilà, cher Weihnachtsmann, cette année je ne te demande pas grand-chose :
un petit paquet d’heures fléchées à égalité avec l’anglais – 3 heures par semaine, ce serait Noël avant l’heure ;
des cours sans double niveau, pour voir si je me souviens encore de ce qu’est un emploi du temps simple ;
un unique établissement, histoire de découvrir ce que c’est que d’avoir une salle attitrée et pas un coffre de voiture transformé en bureau mobile ;
et si jamais tu trouves ça trop compliqué, un hélicoptère pour relier mes établissements plus vite, ça fera l’affaire.
Ah, et pendant que tu es à Paris, peux-tu rappeler à Monsieur le Ministre et à tous ses lutins que les chefs d’état ont signé de jolies “Stratégies pour le développement de l’apprentissage de la langue du partenaire” ? Il paraît que c’est un document tout à fait réel, pas une légende germanique.
Pour mes élèves, je commande aussi quelques bricoles :
des bretzels à volonté,
des cœurs en pain d’épices,
et, surtout, des chansons allemandes à la radio française (autres que “99 Luftballons”, si possible) et aussi des séries allemandes à la télé.
Je te promets de continuer à accepter tous les élèves : les bons, les pas bons, les motivés, les fatigués, ceux qui confondent encore “Apfelstrudel” et “schtroumpf”… Parce que oui, je crois toujours que l’allemand, c’est pour tous. Et si tu ne peux vraiment pas tout apporter cette année, je prendrai au moins un petit signe d’encouragement… comme une carte postale de Berlin, ou une réforme ministérielle qui tienne deux hivers.
Vielen Dank, lieber Weihnachtsmann !
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