Mission flash sur l’apprentissage de la langue du partenaire (2026)

Un article a été consacré à cette « Mission Flash », et aux conclusions qui sont publiées dans le rapport adopté lors de la séance plénière de l’Assemblée parlementaire franco-allemande du 22 juin 2026, dans le bulletin n°162, page 7.

Le 11 février 2026, le bureau de l’Assemblée parlementaire franco-allemande (APFA) a mis en place une mission d’information de courte durée (« mission flash ») sur la mise en oeuvre des stratégies des gouvernements français et allemand pour le développement de l’apprentissage de la langue du partenaire.

Cette mission conduite par M. Frédéric Petit (Dem) et Mme Jeanne Dillschneider (Bündnis 90/Die Grünen) avait pour but d’établir un diagnostic des avancées et des blocages dans la mise en œuvre de ces stratégies, de formuler des recommandations concrètes et de proposer, le cas échéant, des évolutions normatives ou institutionnelles.

Entre le 30 mars et le 27 avril 2026, les co-rapporteurs ont auditionné 25 responsables et acteurs de l’enseignement de la langue du partenaire (dont l’ADEAF) – autorités académiques et responsables administratifs nationaux et régionaux, chefs d’établissement, enseignants, formateurs, opérateurs de mobilité et acteurs de la coopération culturelle et linguistique – et recueilli leurs contributions écrites.

Les conclusions de cette mission flash, comprenant 35 recommandations concrètes, ont été consignées dans un rapport qui a été adopté lors de la séance plénière de l’APFA du 22 juin 2026 à l’Assemblée nationale.

L’annexe 1 reprend dans ses recommandations un grand nombre des propositions de l’ADEAF (surlignées ci-dessous), et nous nous en réjouissons.

ANNEXE N° 1 : LISTE DES RECOMMANDATIONS

Attractivité et promotion de la langue du partenaire
– Créer un pass Culture franco-allemand pour faire découvrir la culture du pays partenaire.
– Développer les coopérations avec ARTE pour promouvoir la langue du partenaire auprès des
élèves.
– Développer des outils numériques interactifs d’initiation à la langue et à la culture du
partenaire.
- En France, reconsidérer la dispersion des élèves germanistes entre plusieurs classes afin de
renforcer leur sentiment d’appartenance à une communauté d’apprenants.

- Mieux valoriser les débouchés professionnels des deux langues, y compris hors des régions
frontalières.

– Étendre le programme FranceMobil à l’école primaire.
– Déployer le réseau des jardins d’enfants et des écoles maternelles bilingues (« Élysée 2020 »)
de manière équilibrée sur l’ensemble des deux territoires.
– Améliorer les transitions entre niveaux du système éducatif, notamment la transition entre le
collège et le lycée en France et entre la 10e (seconde) et la 11e classe (première) en Allemagne.
– Compléter les échanges ponctuels par des projets communs réguliers et des travaux en tandem
entre apprenants.
– Doter l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ) de ressources financières suffisantes
pour satisfaire une demande qui excède l’offre actuelle.
– Adapter les offres aux lycées professionnels et aux établissements préparant au mittlerer
Schulabschluss (brevet des collèges).
– Développer l’enseignement à distance pour maintenir une offre de cours d’allemand dans les
zones peu dotées.

Formation et recrutement des enseignants
– Engager des mesures pragmatiques et locales sans attendre une solution uniforme de
l’administration centrale.
– En France, maintenir un parcours de formation d’enseignant d’allemand dans chaque
académie.

– En Allemagne, rapprocher les chaires de romanistique et les instituts de formation des
enseignants, sur le modèle de l’initiative bavaroise.
– Explorer des voies de recrutement alternatives, notamment la reconversion professionnelle de
locuteurs natifs ou de professionnels maîtrisant la langue du partenaire, et des formations
pédagogiques ad hoc.
– Généraliser l’attribution de crédits ECTS pour l’assistanat de langue dans l’ensemble des
universités françaises et allemandes.
– Assouplir le calendrier de candidature aux postes d’assistants de langue côté allemand.
– Revaloriser la rémunération des assistants de langue en fonction du coût de la vie sur le lieu
d’exercice.
– Ouvrir une année de césure entre l’obtention du CAPES L3 et l’affectation comme
fonctionnaire stagiaire, afin de permettre aux candidats les plus motivés d’effectuer une année
d’assistanat de langue.
- En France, améliorer les conditions de travail des enseignants d’allemand, notamment en
limitant les affectations multi-établissements.
– Dans les deux pays, allouer des heures de décharge aux enseignants les plus engagés dans les
filières franco-allemandes.
– Développer la bivalence des enseignants d’allemand en France suivant le modèle allemand.
– Renforcer la formation continue des enseignants, notamment faciliter la participation aux
mobilités de formation (prise en charge des frais, décharges horaires, remplacements) et
améliorer la reconnaissance institutionnelle de la mobilité des enseignants.

– Promouvoir l’enseignement des disciplines non linguistiques (DNL) afin de multiplier les
occasions de contact avec la langue et la culture du partenaire.
– Donner la priorité à la pratique orale et faire preuve de davantage d’indulgence à l’égard des
erreurs afin d’encourager l’expression des élèves.
– Recourir davantage aux contenus audiovisuels bilingues ou sous-titrés (notamment d’ARTE)
pour entretenir la motivation des élèves.

Gouvernance et diffusion institutionnelle
– Établir un socle commun franco-allemand de données permettant de mesurer les effets des
politiques en faveur de l’apprentissage de la langue du partenaire, intégrant les données des
opérateurs de terrain (OFAJ, ProTandem, réseaux d’échanges scolaires).
– Informer l’Assemblée parlementaire franco-allemande (APFA) de la tenue de la réunion
annuelle du comité national de suivi (CNS) du ministère de l’Éducation nationale et l’y
associer ; améliorer la circulation de l’information entre le CNS et l’APFA pour permettre aux
députés de participer au suivi local dans leur circonscription ; ouvrir le CNS à l’ensemble de
l’écosystème de l’apprentissage de l’allemand (ADEAF, OFAJ, Goethe-Institut, ARTE).
– Inscrire la stratégie pour le développement de l’apprentissage de l’allemand dans le dialogue
stratégique et de performance (DSP) des académies françaises, afin d’en faire un objectif
soumis à suivi institutionnel régulier.
– Construire des chaînes de décision plus horizontales associant davantage les acteurs non
étatiques, afin de lutter contre les pertes d’information inhérentes aux silos administratifs et aux
cascades hiérarchiques.

Statut de la langue du partenaire
– En Allemagne, encourager les Länder à instaurer l’obligation de poursuivre une deuxième
langue vivante jusqu’à l’Abitur, conformément à l’objectif européen « langue maternelle + 2 ».
– Renforcer le statut du français dans l’offre de langues vivantes des établissements allemands.
- En France, réhabiliter le parcours bilangue avec une parité horaire garantie de la sixième à la
terminale.
– En France, mettre en place une dotation horaire fléchée pour l’allemand, afin d’éviter que
cette discipline soit utilisée comme variable d’ajustement budgétaire.

Voir en ligne : Rapport final de la mission flash sur l’apprentissage de la langue du partenaire

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