Réforme du collège : résumés de la journée d’action du 26 septembre

, par Thérèse Clerc, webmestre 1

26 septembre 2015

Journée d’action nationale pour le maintien des bilangues et des sections européennes
lors de la journée européenne des langues

La Journée européenne des langues initiée en 2001 par le Conseil de l’Europe, a pour objectif de sensibiliser à l’importance de l’apprentissage des langues et de promouvoir la diversité culturelle et linguistique de l’Europe, qui doit être « maintenue et cultivée. Cette date s’imposait pour lancer une opération sauvetage des bilangues et les sections européennes dont la suppression, prévue dans la réforme du collège à partir de la rentrée 2016, impacte lourdement les langues, notamment l’allemand.

Paris

Le coup d’envoi de l’opération « cartes postales » illustrées par Plantu adressées au Président de la République » a été donné samedi 26 septembre à 11h à l’Institut Goethe de Paris par Thérèse Clerc, présidente de l’ADEAF, et Katrin Goldmann, vice-présidente, qui ont lancé cet appel :
Monsieur le Président de la République, Maintenez les bilangues et les sections européennes !

Marielle Silhouette, présidente de l’AGES (Association des germanistes de l’enseignement supérieur) et Christian Tremblay, président de l’OEP (Observatoire européen du plurilinguisme) ont exprimé leur soutien devant un auditoire d’une cinquantaine de personnes. La salle était pleine. Il ne manquait que la presse ! Enseignants et parents d’élèves ont témoigné de leur engagement et exprimé leurs inquiétudes. Les discussions se sont poursuivies autour du buffet préparé par les Régionales de Paris, Créteil et Versailles.

Les premières signatures ont eu lieu sur place. Les cartes, peuvent être retirées à l’Institut Goethe 16 avenue d’Iéna, Paris 16°, et envoyées jusqu’au 10 octobre.

Notre appel doit être entendu :
Les bilangues et les euros, ces dispositifs pionniers pour une politique ambitieuse des langues sont à généraliser, pas à détruire !

Amiens

Une quarantaine de personnes mobilisées, 170 « briques » et 300 cartes signées !

Le rendez-vous avait été fixé à 10 heures Place de l’Hôtel de Ville à Amiens pour une action un peu « originale ». Nous avions en effet sollicité collègues et élèves pour ériger symboliquement un « mur d’incompréhension » entre la France et l’Allemagne.
Professeurs d’allemand, mais aussi de mathématiques, de latin ou d’espagnol, parents d’élèves et élèves ou étudiants, et même une cadre de BASF, nous étions une quarantaine, entre 10 heures et 16 heures à nous relayer pour construire ce « mur » et le maintenir debout ! La bonne surprise fut de voir arriver au cours de la journée de nombreuses « briques » qui vinrent s’ajouter à celles que nous avions apportées ! Boîtes à chaussures emballées et décorées aux couleurs de la France et de l’Allemagne, ces « briques » assemblées constituèrent un mur qui représentait l’incompréhension qui pourrait s’installer entre ces deux pays si on renonçait à l’enseignement de la langue allemande en France.
De nombreux passants nous interrogèrent, d’autant que nous avions également installé un panneau d’affichage pour réclamer davantage de moyens pour l’enseignement des langues vivantes et la généralisation des dispositifs bilangues et des sections européennes... Nous avons constaté à quel point les grand public ignore tout de ce projet de suppression et ne le comprend pas. Des témoignages intéressants aussi, comme celui de ces deux professeures des écoles, pourtant habilitées en allemand, à qui on interdit de l’enseigner et qu’on contraint à enseigner l’anglais dans leur classe, alors qu’elles n’en n’ont pas la compétence…
Au passage nous avons proposé à tous ceux qui se sont arrêtés pour discuter avec nous de signer une carte postale « Plantu » à l’intention de Monsieur le Président de la République. A l’heure du décompte, notre urne en contenait près de 300 et nous sommes passés à La Poste (ouverte à Amiens le samedi après-midi) pour y déposer ces missives dont nous espérons qu’elles porteront notre message !
Nous avons passé ensemble une journée conviviale qui restera un bon souvenir : bonne ambiance et soleil généreux ! Notre objectif a été amplement atteint puisque nous avons réussi à susciter curiosité et sympathie !
Merci à tous ceux qui sont venus, nous ont aidés et soutenus et tout particulièrement aux élèves qui ont fait le déplacement !
Le Bureau de la Régionale d’Amiens et ses nombreux soutiens !

Lyon

Drôle de journée européenne des langues à Lyon cette année :
des drapeaux allemands et quelques drapeaux italiens, britanniques ou autrichiens, des ballons aux couleurs du drapeau allemand et du drapeau européen dans les rues de Lyon ce samedi 26 septembre, avec 800 personnes au total, parents d’élèves, élèves et professeurs, venant parfois des académies voisines de Grenoble et de Clermont Ferrand, dont Elisabeth Kowalczyk, présidente de l’ADEAF Clermont-Ferrand. Un seul message adressé directement à l’Elysée : maintien des bilangues et des sections européennes, non à la réforme du collège qui sacrifie les langues vivantes !

Les slogans "Hollande, touche pas à nos bilangues" et "des sections bilangues, oui oui oui, des sections euros, oui oui oui, des langues au rabais, non non non !", mais aussi "parents inquiets, parents pas contents !" ont retenti de la place des Terreaux à la place Antonin Poncet de 15 h à 17h, rencontrant de nombreux badauds ahuris qu’un gouvernement veuille priver tous les élèves des chances que représentent les sections bilangues et européennes dans tous les collèges, y compris les plus ruraux et les plus défavorisés, des badauds dubitatifs quand on leur explique que la ministre de l’éducation nationale qui affirme avoir des ambitions pour les élèves ne leur donne plus que 2,5 voire 2h par semaine d’enseignement de la langue vivante 2, certes à partir de la 5ème, mais tout le monde sait qu’en dessous de 3h, on ne progresse pas vraiment en langues vivantes !

Le long du cortège et en fin de manifestation, dans le cadre de la campagne nationale de l’ADEAF, plusieurs centaines de cartes postales portant le dessin de Plantu sur l’amitié franco-allemande et demandant le maintien des bilangues et des sections européennes ont été signées puis placées dans une urne... "a voté !" : un message qui a le mérite d’être clair...

Enfin, avec le soutien du Goethe Institut de Lyon, un lâcher de ballons place Antonin Poncet, devant la "Grande Poste" de Lyon, a bien exprimé l’espoir et la conviction des participants que cette réforme catastrophique va être rejetée, les mensonges assénés par le ministère ne réussissant pas à tromper l’opinion publique qui y reste résolument hostile, voyant bien que l’on ne cherche qu’à économiser sur l’avenir de nos jeunes.

Représentant les parents d’élèves, la PEEP était présente officiellement, des parents FCPE écoeurés de la position du niveau fédéral par lequel ils se sentent trahis, des parents d’élèves de l’enseignement privé en scission de l’APEL. Les élèves étaient nombreux aussi, tenant la banderole de tête, chantant les différents slogans et quelques chants en allemand avec enthousiasme.
Côté syndicats enseignants, le SNES était présent officiellement et fermait le cortège aux côtés des représentants de la PEEP.

Les médias étaient présents, avec un reportage de France 3 en particulier http://france3-regions.francetvinfo.fr/rhone-alpes/rhone/lyon/touche-pas-ma-bilangue-816447.html mais aussi de la presse écrite comme Le Progrès.

Voici quelques photos permettant de se rendre compte du nombre de manifestants, de leur détermination et du caractère coloré et festif de la manifestation https://picasaweb.google.com/103970804983590301667/ManifALyonSamedi26Septembre2015PourLesBilanguesEtLesSectionsEuropeennes?authuser=0&feat=directlink

Tous exprimaient leur rejet d’une mauvaise réforme et leur colère devant la malhonnêteté du gouvernement, et les prochains rendez-vous ont déjà été donnés :

- Manifestation nationale le 10 octobre à Paris, avec des acheminements gratuits pour les syndiqués, ou l’aller-retour à 50 Euros pour les non-syndiqués, parents d’élèves ou autres sympathisants http://www.lyon.snes.edu/spip/spip.php?article3083

- Congrès des germanistes à Paris

Continuons à informer et à convaincre, ce diaporama peut être intéressant pour cela :
https://goo.gl/mO8h9L

Le combat continue, cette réforme ne passera pas, les bilangues et les sections européennes favorisent la mixité sociale des établissements, permettent la réussite des élèves, rien ne saurait justifier leur suppression ! Nous ne pouvons accepter que seuls les quelques élèves ayant appris l’allemand à l’école continue à apprendre l’allemand dans des “bilangues de continuité” qui seraient fermées aux autres élèves ! Nous refusons que sur les 175 bilangues anglais-allemand actuelles, notre académie n’en compte plus que 30 ou 35 à la rentrée 2016. Qu’une cinquantaine de collègues se retrouvent ainsi au “chômage technique” alors qu’ils travaillent actuellement à l’ouverture internationale de notre système scolaire public et privé sous contrat, qu’ils ouvrent de réelles perspectives aux jeunes Français, en faisant de véritables citoyens européens !

Une seule “réforme” est acceptable : une réforme qui maintient et développe les sections bilangues et les sections européennes !

Le bureau régional de l’ADEAF

Montpellier

Plus de 20 personnes à l ’AG extraordinaire ADEAF et plus de 50 à la confrontation débat sur les conséquences de la réforme pour l’enseignement de l’allemand à la Maison de Heidelberg.
Reportage photo sur le site facebook de la Maison de Heidelberg.
Journée réussie mais pas de presse.

Nantes

Entente cordiale

L’ADEAF (Association pour le Développement de l’Enseignement de l’Allemand en France) avait appelé à se rassembler samedi après-midi pour former une chaîne de l’amitié franco-allemande devant l’ENSA sur l’Ile de Nantes. Le temps était de la partie et une soixantaine d’enseignants, de parents et d’élèves sont venus pour échanger sur la réforme et signer des cartes postales. Cette action a rencontré un grand succès et dans l’académie 7000 cartes postales, arborant fièrement un dessin de Plantu, ont été distribuées.
Le rassemblement, qui avait lieu lors de la journée européenne des langues, rappelle que la réforme du collège met en danger l’enseignement de l’allemand dans les collèges et avec cela les relations culturelles, économiques et amicales avec l’Allemagne.

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